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    February 08

    Des nouvelles du Guillemot

    Le bateau prend de la gîte. Le patrouilleur des Affaires maritimes, L'Iris, s'est rendu près du Guillemot VI pour faire un point de situation. Il n'y a plus personne à bord depuis l'évacuation des quatre marins, lundi après-midi. Bilan : le bateau a encore pris de la gîte par rapport à la veille. Ses cales sont inondées. Le navire prend de l'eau, à chaque vague, par l'arrière. Il ne risque cependant pas de sombrer : il est couché sur un plateau de sable, de galets et de rochers.
     
    Ce qui va se passer maintenant. Samedi matin, des pompiers seront hélitreuillés sur le chalutier. Ils lanceront les deux motopompes qui ont été déposées sur le bateau, lundi, par un hélicoptère de la Sécurité civile. C'est un préalable à toute opération de déséchouage : vider les 36 m3 d'eau qui noient le bateau.
     
     Les pompiers devront également couper le câble qui avait été utilisé lors d'une des précédentes tentatives de sauvetage du navire. Il s'est pris au fond de l'eau et il a cassé. Quand la marée sera haute, dans l'après-midi, un remorqueur du port de Lorient devra tirer le chalutier pour le remettre à flot. Il sera ensuite remorqué, probablement jusqu'à l'ascenseur à bateau de Keroman. Ce sauvetage est maintenant une opération privée, puisqu'il n'y a plus de vie en jeu. Les opérations sont coordonnées par la société Laminaria, de Plouhinec. Il y aura ensuite une expertise, pour dire si le navire peut être réparé. Mis en service il y a un an, il a coûté 1,7 million d'euros.

    Les causes de l'accident. Elles ne sont pas encore clairement établies. Une enquête nautique devrait être ouverte  par les Affaires maritimes pour les déterminer. Le patron du bateau, Erik Guillemot, a fait état d'une mauvaise arrivée du gasoil au moteur. Des bouts de plastique dans les conduites en seraient, selon lui, à l'origine. Le moteur aurait calé et ne serait pas reparti. Le bateau aurait alors dérivé. Dans un premier temps, selon une source proche des milieux portuaires, le navire a décliné l'assistance que lui proposait le Crossa Etel, alerté non pas par l'équipage mais par la capitainerie de Lorient. Autre élément à prendre en compte, sans que l'on sache s'il a joué dans l'échouement : la bouée bâbord qui balise le plateau des Errants n'était pas éclairée cette nuit-là. Elle était en panne. « Cet incident avait été signalé aux navigateurs samedi », indiquent les Affaires maritimes.
     
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    Le bateau ivre, Arthur Rimbaud

    Le Bateau ivre
     
    Arthur Rimbaud
     
    gui2

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

    Dans les clapotements furieux des marées,
    Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
    Je courus ! Et les Péninsules démarrées
    N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

    gui3

    La tempête a béni mes éveils maritimes.
    Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
    Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
    Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !

    Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
    L'eau verte pénétra ma coque de sapin
    Et des taches de vins bleus et des vomissures
    Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

    Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
    De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
    Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
    Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

    Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
    Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
    Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
    Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

    Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
    Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
    L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
    Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

    gui.1

    J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
    Illuminant de longs figements violets,
    Pareils à des acteurs de drames très antiques
    Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

    J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
    Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
    La circulation des sèves inouïes,
    Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

    J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
    Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
    Sans songer que les pieds lumineux des Maries
    Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

    gui6

    J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
    Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
    D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
    Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

    J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
    Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
    Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
    Et des lointains vers les gouffres cataractant !

    Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
    Échouages hideux au fond des golfes bruns
    Où les serpents géants dévorés des punaises
    Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

    J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
    Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
    Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
    Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

    Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
    La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
    Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
    Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

    Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
    Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
    Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
    Des noyés descendaient dormir, à reculons !

    Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
    Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
    Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
    N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

    Libre, fumant, monté de brumes violettes,
    Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
    Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
    Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

    Qui courais, taché de lunules électriques,
    Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
    Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
    Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

    Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
    Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
    Fileur éternel des immobilités bleues,
    Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

    gui4

    J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
    Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
    Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
    Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

    Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
    Toute lune est atroce et tout soleil amer :
    L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
    O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !

    Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
    Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
    Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
    Un bateau frêle comme un papillon de mai.

    Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

    Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
    Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
    Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

     gui

    February 05

    Guillemot VI send an SOS

     
     

    Le Guillemot VI reste prisonnier de la roche

    Le sort du chalutier de Port-Louis échoué dimanche devant Larmor-Plage devient de plus en plus préoccupant.
     Avec le temps d'aujourd'hui, ce n'est pas gagné pour le sortir de là...
     
     
     

     Météo des plages - Guidel à Quiberon

     

     

      

    Station de référence : 

    ILE DE GROIX (42m) De Guidel à Quiberon

    Mis à jour le 05/02/2008 à 13h15

     

    Prévision pour le 

    mardi 05 février

     

    Soleil : 

    Lever 08h35 - Coucher 18h20 (Heures locales)

     

    Températures : 

    mini  9° / maxi  13°

    Température de l'eau : 

    11°

     

     

    Heure locale :

    mardi à 19h

    mercredi à 07h

    mercredi à 13h

    mercredi à 19h

    Temps sensible

    Température (°C)

    12°

    10°

    12°

    10°

    Etat de la mer

    Très forte

    Peu agitée

    Ridée ou belle

    Ridée ou belle

    Direction du vent


    Sud- Ouest


    Ouest


    Ouest


    Sud

    Vitesse du vent (km/h)

    55

    30

    10

    10

    Rafales (km/h)

    75

    -

    -

    -

     
    Guillemot.2
     
    Guillemot.3
     
    Guillemot.4
     
    Guillemot.5
     
    Guillemot.1
     
     
     

     

    February 02

    SI LA MER NE REVENAIT PAS? Pierre Dac

    Si un jour
    La mer
    lassée
    d'exécuter
    son sempiternel
    numéro
    de va-et-vient
    s'en allait
    comme à l'accoutumée
    sans avoir l'air de rien
    et ne revenait pas?
    Ca ne peut pas arriver
    dites-vous
    Et pourquoi pas
    bonnes gens
    Tout peut arriver
    surtout l'impossible...
    Ce serait une chose
    bien curieuse
    tout de même que
    cette mer
    qui s'en irait
    au mépris des traditions
    millénaires
    et des habitudes;
    elle irait peut-être
    rejoindre ses sœurs
    les autres mers
    et ses pères grands
    les Océans
    carte_structures-terresansEau
    ...............................
    Et peut-être aussi
    que toutes ces mers
    réunies
    après tant de siècles
    de séparation
    tiendraient en quelque
    coin perdu
    et ignoré du globe
    une sorte
    de congrès
    des mers
    au cours duquel
    elles envisageraient
    l'expulsion
    de tous les poissons
    de race impure...
    ................................
    qui peut savoir?
    ................................
    Si un soir la mer
    se retirait
    de la terre
    comme un commerçant
    se retire des affaires
    ce serait tout de même bien curieux...
    Et nouveau
     
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    Pierre Dac
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    Tiré de L'OS à MOELLE
    Organe officiel des loufoques
    Vendredi 25 août 1939
     
     
     
    Désert d'Aral