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    February 14

    Valentinyvette

     
    Ça, c'est une aubaine
    Ça, c'est merveilleux
    Ça, c'est un coup d'veine
    Du tonnerre de Dieu
    Ça, c'est formidable
    Ça, c'est mieux que bon
    Ça, c'est incroyable
    Une explosion
    Mais c'est autre chose aussi
    De plus doux, de plus tendre aussi
    Plus cruel et plus âpre aussi
    Qu'on ne peut expliquer ainsi
    Ça, c'est une aubaine
    Ça, c'est merveilleux
    Ça, c'est un coup d'veine
    Je suis amoureux
    Y a du soleil sur son visage,
    De l'amour dans son cœur qui bat
    Comme, accrochée à son corps sage,
    La vie qui veut rire aux éclats
    Y a ses vingt ans qui vagabondent,
    Emportant mon cœur sur ses pas
    Et je raconte à tout le monde
    Et je crie par-dessus les toits
    Ça, c'est une aubaine
    Ça, c'est merveilleux
    Ça, c'est un coup d'veine
    Du tonnerre de Dieu
    Ça, c'est formidable
    Ça, c'est mieux que bon
    Ça, c'est incroyable
    Une explosion
    Mais c'est autre chose aussi
    Autre chose de plus doux, de plus tendre aussi
    Autre chose de plus cruel, de plus âpre aussi
    Qu'on ne peut expliquer ainsi
    Ça, c'est une aubaine
    Ça, c'est merveilleux
    Ça, c'est un coup d'veine
    Je suis, chérie
    
    Je suis amoureux, amoureux de vous :
     
    Ma liberté
    Longtemps je t'ai gardée
    Comme une perle rare
    Ma
    liberté
    C'est toi qui m'as aidé
    A larguer les amarres
    Pour aller n'importe où
    Pour aller jusqu'au bout
    Des chemins de fortune
    Pour cueillir en rêvant
    Une rose des vents
    Sur un rayon de lune

    Ma liberté
    Devant tes volontés
    Mon âme était soumise
    Ma liberté
    Je t'avais tout donné
    Ma dernière chemise
    Et combien j'ai souffert
    Pour pouvoir satisfaire
    Tes moindres exigences
    J'ai changé de pays
    J'ai perdu mes amis
    Pour gagner ta confiance

    Ma liberté
    Tu as su désarmer
    Mes moindres habitudes
    Ma liberté
    Toi qui m'as fait aimer
    Même la solitude
    Toi qui m'as fait sourire
    Quand je voyais finir
    Une belle aventure
    Toi qui m'as protégé
    Quand j'allais me cacher
    Pour soigner mes blessures


    Ma liberté
    Pourtant je t'ai quittée
    Une nuit de décembre
    J'ai déserté
    Les chemins écartés
    Que nous suivions ensemble
    Lorsque sans me méfier
    Les pieds et poings liés
    Je me suis laissé faire
    Et je t'ai trahie pour
    Une prison d'amour
    Et sa belle geôlière

    Et je t'ai trahie pour
    Une prison d'amour
    Et sa belle geôlière
     
       
    
    February 07

    de l'Orient

     
     
          
     
     Recueillement
     
               Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
    Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
    Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
    Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

    Pendant que des mortels la multitude vile,
    Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
    Va cueillir des remords dans la fête servile,
    Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

    Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
    Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
    Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

    Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
    Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
    Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

    Charles BAUDELAIRE